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Paysage naturel // paysage construit

16/05/08-04/07/08

C’est important. La vue. Pas sur l’arrière-cour, local poubelle et soufflerie de cuisine, non. Vue sur mer, sur montagne, là où il y a quelque chose à contempler. Vous connaissez peut-être l’histoire de ce paysan du Gers qui vend sa ferme en se demandant bien ce que les « gens de la ville » lui trouvent à sa vieille bâtisse ? La vue, enfin. Cette vue authentique, imprenable, bucolique, romantique, en un mot spectaculaire..., que lui n’a jamais vu ! C’est ça comprenez-vous, le paysage, des images intérieures que les hommes se construisent du monde extérieur. Et chaque individu, chaque époque, chaque religion a les siennes. Il faut bien sûr adapter les points de vue, organiser une double perspective, physique et spirituelle.

Ainsi, on pourrait dire qu’il n’y a pas de paysage naturel, au sens où on l’entend habituellement ; disons qu’il y a des paysages de nature et des paysages urbains. Les deux sont des constructions, des créations humaines. Voilà pour le titre paysage naturel // paysage construit.

Nous avons souhaité une exposition narrative qui prendrait son point de départ dans une photographie de Jean-Luc Vilmouth (JLV) d’un jeune indien d’Amazonie intitulée : Pourquoi le monde est-il devenu rond ? Et oui, pourquoi ? Des millions d’hommes n’auraient-ils pas mieux vécu – ou tout simplement vécu -, si la terre était restée plate ? Sans « civilisation », mondialisation, globalisation…

Avant d’aller plus loin, un mot sur « l’effet papillon », cette passionnante explication de la théorie du chaos. Pour aller vite, un célèbre météorologue affirme en 1972 que le battement des ailes d’un papillon d’un côté du globe, peut déclencher un ouragan de l’autre. Alors, ce petit indien Yanomami secouant un globe terrestre peut-il entraîner un séisme en Turquie (Les plus belles catastrophes du monde de Christoph Draeger), ou l’éparpillement de graines debaobabs dans les squares de nos villes (Isabelle Cornaro et son poétique projet de jardin public) ?

Peut-il donner le départ de la reconquête de la nature sur l’architecture et du retour vers un monde sauvage (JLV - The new and the old), ou marquer le désenchantement ironique du monde, telle la photo de Lucien Pelen, où l’on voit Adam, ridiculement petit, vomir des pommes. Indigestion de péchés… Enfin, l’oeuvre de Delphine Coindet, magnifique exemple de l’opposition nature (nuage) / construction (tour), introduit une inquiétude pleine de nuances sur l’avenir, sur le temps qu’il fait, et au-delà, sur l’équité sociale - ceux qui sont en haut de la pyramide, au-dessus du nuage et ceux d’en bas, dans la grisaille. Cela pourrait bien virer à l’orage, sortons les parapluies...

Christian Pallatier Historien d’art - Directeur de Connaissance de l’art contemporain

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Livret de l’exposition

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