« Le public non averti, et qui se défend d’être spécialiste, reste dubitatif devant un monochrome, face à un tableau sur lequel ne figurent que quelques traits de couleur, ou, confronté à une installation hybride, il se demande si c’est de l’art, si "ça" veut vraiment dire quelque chose. Bref, il trouve que, vraiment, l’artiste se moque du monde.
En faisant l’effort d’essayer de comprendre ce qui a déclenché le choix d’un matériau, l’utilisation d’une technique, la structure d’une image ou l’agencement d’une mise en scène, le spectateur se rendra vite compte que rien n’est laissé au hasard.

"Mais où l’artiste va-t-il chercher tout ça ?". "L’artiste n’a jamais qu’une seule idée", a dit un jour le sculpteur Arman. Et cette idée s’incarne à travers des formes dont il faut chercher l’origine dans la mémoire intime de l’auteur, plaque sensible d’émotions fugaces et marquantes. Elle est aussi à chercher dans l’immense bibliothèque des savoirs et de la connaissance ou à travers l’histoire des hommes. »