
« Au XXe siècle, et notamment au cours des dernières décennies, l’acte qui consiste à se saisir de la nourriture, à l’avaler ou à l’utiliser de quelque autre manière prit et conserve une importance réelle dans les représentations et les actions conçues et menées par les artistes. Manger, ingérer de la nourriture ne peut être tenu pour un geste simple dont dépendrait la seule vie biologique.
Roland Barthes écrit : « Il y a d’un côté l’appétit naturel, qui est de l’ordre du besoin et de l’autre l’appétit de luxe, qui est de l’ordre du désir (…) Il faut mettre en scène, si l’on peut dire, le luxe du désir, amoureux ou gastronomique ». S’y mêlent d’autres enjeux qui font de l’acte de manger un fait social total, autour duquel on pourrait convoquer la chimie, la géographie, l’histoire, l’économie, la sociologie ou la politique (nous y ajouterons la symbolique, pensez au pain ou au vin). C’est sans doute pourquoi les artistes se sont, depuis toujours, sentis concernés par la nourriture et les manières de la consommer qui en découlent ».
Maurice Fréchuret (Ordres et désordres de la nourriture, Catalogue de l’exposition Hors d’œuvres, capcMusée d’art contemporain de Bordeaux, 9/10/04 - 13/02/05, Fage éditions)
Connaissance de l’Art Contemporain
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